LIVRE III LES LUTTES ET LES REVES
(Extrait de Magnitudo Parvi)
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Si nous pouvions franchir ces solitudes mornes;
Si nous pouvions passer les bleus septentrions;
Si nous pouvions atteindre au fond des cieux sans bornes
Jusqu'à ce qu'à la fin, éperdus, nous voyions,
Comme un navire en mer croît,
monte et semble éclore,
Cette petite étoile,
atome de phosphore,
Devenir par degrés
un monstre de rayons;S'il nous était donné de faire
Ce voyage démesuré,
Et de voler de sphère en sphère,
A ce grand soleil ignoré;
Si par un archange qui l'aime,
L'homme aveugle,
frémissant, blême,
Dans les profondeurs du problème,
Vivant, pouvait être introduit;
Si nous pouvions fuir notre centre,
Et, forçant l'ombre où Dieu seul entre,
Aller voir de près dans leur antre
Ces énormités de la nuit;
O contemplation splendide!
Oh! de pôles, d'axes, de feux,
De la matière et du fluide
Balancement prodigieux!
D'aimant qui lutte, d'air qui vibre,
De force esclave et d'éther libre,
Vaste et magnifique équilibre!
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VICTOR HUGO © Musique protégée RETOUR ACCUEIL